L’ancien palais d’été : rencontre avec l’impératrice Cixi.
Troisième jour à Beijing, sous un soleil éclatant, nous avons choisi de passer la journée au palais d’été (Ne pas confondre avec l’ancien palais d’été). Aujourd’hui situé en périphérie de la ville, il a servi comme son nom l’indique de résidence estivale aux empereurs. Son histoire récente est notamment liée à celle de l’impératrice douairière Cixi et aux conflits avec les nations de l’ouest.
Pour la petite histoire, l’ancien palais d’été fut incendié durant la seconde guerre de l’opium en 1860. En représailles de la torture et de l’assassinat d’une vingtaine de leurs ressortissants, les britanniques y mirent le feu après que leurs alliés français leur aient donné un coup de main en pillant les trésors qui s’y trouvaient. Sur ordre de l’impératrice Cixi et malgré les difficultés financières de la Chine de l’époque, il fut reconstruit sur le site actuel avec l’argent qui aurait dû servir à la modernisation de la flotte. De nouveau endommagé pendant l’épisode des Boxer, il servit ensuite de résidence aux membres du parti avant d’être ouvert au public.

Le parc est immense et mérite presque qu’on lui accorde une journée pour le visiter. Facilement accessible par le métro de Beijing, plutôt bien conçu. Il faut cependant se méfier car il existe plusieurs portes d’accès très éloignées les unes des autres et les gros points d’intérêt étaient bien sûr à l’opposé de celle que nous avons choisie (Préférer station Beigongmen). Nous étions quitte pour quelques kilomètres sous la chaleur de la ville !

Le complexe s’articule autour de plusieurs étangs dont le principal, le lac de Kunming, est tellement grand qu’un bac permet de passer d’une zone d’intérêt à une autre. Il est également possible de louer pédalos ou petit bateaux électriques pour le parcourir. Pour notre part, nous avons choisi d’en faire le tour n’utilisant que nos vaillants pieds. Le long du chemin des ponts ouvragés permettent de franchir les canaux d’alimentation.

Après avoir flâné puis erré à la recherche d’un snack correct (CR : et pas trop pimenté… échec!) pour manger (pour le coup faites comme les chinois : amenez votre casse-croûte !), nous attaquons les visites. Il existe deux types d’entrées pour le palais d’été : parc seul pour flâner et se détendre et parc plus sites d’intérêt à destination des touristes.
Premier arrêt la galerie des objets. Elle regroupe divers objets (vaisselle, horlogerie et surtout décoratifs) essentiellement de la dynastie des Qin. Même si les oeuvres en elles-mêmes sont magnifiques pour certaines, la plupart des explications sont en chinois.


Puis petit escalade vers le Pavillon des Fragrances bouddhiques. Définition par l’exemple de l’adjectif « hilly », « ça veut dire que ça grimpe non ? » « … oui, oui je confirme ! ». Nous nous efforçons ensuite de localiser « Suzhou street ». L’histoire dit que l’empereur était tombé en admiration devant cette rue commerçante lors d’un de ses déplacements et avait demandé à ce qu’elle soit reproduite au sein de son palais d’été. La version actuelle est une reconstitution, l’originale ayant brûlé, mais elle ne manque pas de charme. Paisibles canaux bordés de quais de pierre sur lesquels s’alignent saules, petits échoppes et lampions, baignant dans la lumière rasante du soir, le charme opère !





L’heure avançant, nous ne parviendrons pas à rejoindre à temps le jardin de l’impératrice (dernière admission 17h, raté à 5 minutes près…). Mauvaise organisation de notre part, on aurait dû moins traîner et surtout choisir la porte … comme point d’entrée. Tant pis, nous nous consolons avec le navire de marbre (lui aussi a mis à mal les finances impériales) avant de laisser derrière nous le palais d’été.

La cité interdite et les intrigues à la cours
Pour assurer le coup et s’éviter les files d’attente nous avons demandé à notre hôtel de réserver pour nous (Du coup adieu tarif étudiant… sinon il faut tenter, ça ne marche pas toujours mais bon). Il faut un numéro de téléphone chinois pour pouvoir réserver et le nombre de visiteurs par jour est limité.
Direction la place Tien An Men (ligne 1). Une fois sur place il nous faut faire la queue pour franchir les portiques de sécurité qui en barrent l’accès. Rayon X et fouille des sacs au rendez-vous… l’écureuil en peluche dans le mien fait bien rire l’agent de sécurité, l’atmosphère se détend…
De la plus grande place du monde nous ne voyons pas grand-chose, pour les 70 ans du parti, elle est partiellement masquée par les estrades. (autant de chance que la place rouge !)

Nous arrivons à la cité interdite en elle-même, ici « passport is ticket », nous avons fourni notre numéro de passeport et celui-ci sert à franchir les portes (Les chinois utilisent leur carte d’identité). Nous n’avons pas pris de guide mais serons accompagnés d’H2G2, notre fidèle (et parfois défaillant) plan-audioguide. Si l’on oublie les longs silences, le basculement spontané vers la langue de Pouchkine et la remise à zéro intempestive, le bidule est plutôt bien fait, il détecte l’endroit où nous nous trouvons et nous en raconte la fonction et l’histoire, le tout mâtiné d’anecdotes sur la vie plus ou moins (plutôt plus…) cruelles de la cour impériale (Encore cette chère Cixi dans ses oeuvres…).






Nous terminons la journée par un détour par l’avenue Qianmen piétonne (à ne pas confondre avec son homonyme grande artère automobile qui lui est perpendiculaire). Rue commerçante et touristique où officie l’un des derniers tramways de la ville (qui sert surtout au faignants désireux de s’épargner quelques centaines de mètres de marche). On y trouve les grands classiques pour touristes à des prix pas forcément très intéressants et sans franchement pouvoir négocier. Dans les rues adjacentes on trouve également pas mal de restaurants que n’auront pas l’occasion de tester, préférant nous rabattre vers ce qui sera notre QG du soir à Beijing : Xian Lao Man !


- Où manger: Xiao Lao Man! Cantine chinoise, station Guloudajie, ambiance peu calme mais nourriture très bonne, paaas chère et TRÈS copieuse ( On s’est fait avoir le premier soir, on a à peine pu commencer le bol de nouilles commandé avec tout le reste à manger!)
- A voir: encore un drama! L’histoire du palais Yanxi, sous le règne de l’empereur Qianlong( encore lui, on trouve ses constructions et sa poésie sur presque tous les sites de Beijing), l’histoire d’une brodeuse rentrant dans la Cité Interdite pour résoudre et venger le meurtre de sa soeur aînée. 70 épisodes, mais on ne s’ennuie jamais, une héroïne forte, des personnages retors et une mise en scène belle comme un tableau, partiellement censuré en Chine devant son trop grand succès sur le Netflix local et une représentation de la cour de l’époque jugée pas assez flatteuse!