Un tour en Mongolie (yes you Khan!)

Et non, je ne me repends jamais de mes jeux de mots.

3 millions de personnes, 60 millions de bétail, et la moitié de ces habitants vivent à Ulanbaatar, ville la plus polluée du monde en hiver du fait de son chauffage au charbon et de ses -30 degrés. ( Ça donne envie non?)

Pourtant, pour ces quelques jours, nous nous sommes (un poil) éloignés de la capitale, au part national Terelj.

Notre guide mongole francophone nous récupère à la gare le matin vers 6 heures 30, de nouveau décalqués( ça doit être notre destin), mais la douane mongole ne nous a laissés tranquilles qu’après minuit! Ils passent directement dans le train, mais ne sont pas très pointilleux avec les touristes, et plutôt aimables! Nous avons de nouveau longé lors de cette portion de transsibérien le lac Baikal, à faire absolument de jour! Cette fois ci, le wagon est bondé de touristes, mais nous sommes avec de très « friendly » irlandais et anglaise!

À l’arrivée, nous faisons aussi la rencontre de Tuul, la gérante d’Esprit Mongolie avec qui nous partons. Rien à redire, ils sont adorables et professionnels!

Nous logerons durant notre séjour dans une famille de nomades ayant une exploitation laitière, et dormons en yourte. Elle est plutôt confortable et la température est bonne en fin d’été, mais on remercie quand même le gros duvet vers 4 heures du matin!

Notre maison pour quelques jours, pas d’eau courante, électricité sur batterie, dépaysement assuré !
Attention à ne pas passer entre les deux poteaux, qui peuvent ouvrir sur le monde des esprits!

Pas de sanitaires, les toilettes sont un trou et 4 planches, attention au téléphone quand on y va! (cf notre guide malchanceuse)

Le site est magnifique, on y visite un temple de méditation, de construction assez récente (XXème siècle) le rocher de la tortue, qui abrite une cave et s’appelait auparavant le rocher d’argent. En effet, une reine Mandchoue y aurait enterré un trésor et ses propres bijoux, et refusa de quitter l’endroit, pour les protéger du pillage. Pas de bijoux pour nous, mais on peut laisser un billet dans la grotte pour attirer la fortune. ( Satisfait ou remboursé!…ou pas)

Le long des marches s’alignent les citations du bouddhisme, toutes plus énigmatiques les unes que les autres.
Moulin à prières avec sous le toit des numéros se rapportant aux paroles du Bouddha à destination du fidèle.
Le rocher de la tortue (plutôt ressemblant) et en son cœur l’autel de la richesse !

Quelques jours d’équitation sont également au programme, grande aventure pour nous qui n’avons pas monté d’équidé depuis moult années! ( le camp de cheval à 8 ans ça compte pas !)

Le guide de cheval est très compréhensif, et nous sortons également avec ses enfants, cavaliers depuis leurs 3 ans, qui participent aux courses de chevaux du Nadaam, un festival très important( et touristique) en juillet. Ils ont même plusieurs chevaux champions! Du level donc.

L’une de nos montures, un vénérable papy de 13 ans, plus habitué des balades de touristes que des compétitions, ses points forts : mange beaucoup et avance peu.

On célèbre aussi ce jour exceptionnellement férié la victoire des russes et des mongoles sur l’invasion japonaise il y a 80 ans. Petit détail de l’histoire qui, selon certains spécialistes, aurait quand même joué l’issue en notre faveur de la seconde guerre mondiale! Le Japon ayant refusé d’attaquer la Russie par la suite( on les comprend), et les troupes devenues vétérantes de la Sibérie auraient joué un rôle majeur.

Le lendemain, ils retournent au village pour l’école; ils y partent à cheval, et ceux ci rentrent seuls au domicile, pratique!

Lors de notre escapade, on passe devant un énorme rocher, appelé le rocher des 100 moines; en effet, lui aussi abriterait une cave qui permit aux bonzes d’échapper aux assassinats en série de la purge soviétique, qui a également rasé de nombreux temples; les mongoles ont gardé un souvenir marquant de la période communiste, en gardant plutôt de bonnes relations avec les russes.

Chevaucher seul, cela peut être un peu impressionnant au début, avec des chevaux semi sauvages, mais ils sont petits et les nôtres sont de bonne composition. On les fait avancer au cris de « tchou! » La version mongole de hue!

Et lorsque qu’enfin, on laisse le cheval s’élancer au galop dans la steppe, on laisse toutes ses peurs derrière soi ( et aussi l’intégrité de son derrière c’est vrai \o/ ), et on laisse l’immensité s’emparer de soi, et diriger notre route partout où l’on souhaite. Ce fut une très bonne expérience ! ( Pour l’écureuil du moins, le panda étant courageux mais pas téméraire. )

Pour le galop intrépide, on repassera…

Les mongoles qui nous accueillent sont également très hospitaliers, malgré les difficultés de communication!

Des fois, c’est un peu la galère.

Ils sont aussi très généreux avec la nourriture, et surveillent qu’on a bien pris nos trois assiettes réglementaires, remplies à ras bord bien sûr! Ici, à la campagne, les produits laitiers et la viande restent les premiers produits de consommation. C’est donc mouton tous les jours, deux fois par jour! C’est donc assez compliqué d’être végétarien, nous finirons d’ailleurs dans un resto vegan plein d’occidentaux le dernier soir! Pas de frigo non plus, la viande faisande et le beurre est refait tous les jours ! (Petit conseil de panda, n’oubliez pas comme moi le fil dentaire, vos gencives vous remercieront…)

Le poêle à bois, pièce maîtresse de la cuisine.
Barbecue mongol : des patates, du chou, de la viande de mouton, un peu d’eau et l’élément indispensable : des pierres du torrent chauffées au cœur du poêle.

Ils font également un intermédiaire entre le beurre et la crème, à base de lait cuit, ainsi que du fromage à base de lait caillé séché au soleil pendant 5-7 jours. Il y a des variétés salées, acides, sucrées… C’est un peu le bonbon local!

Ce gros bloc de fromage n’attend plus que son séchage au soleil après découpe au fil.

Cependant, du fait de sa proximité relative avec Ulaan Bataar, le parc Terelj semble la proie de promoteurs avec des terrains vendus au pied levé par le gouvernement; la plaine juste à côté du campement est d’ailleurs vendue pendant notre séjour, pour y construire un complexe touristique avec yourtes en béton. Étendues sauvages de plus en plus en sursis, chose étrange pour un parc national.

Malheureusement ces immenses steppes sont menacées par les promoteurs et les déchets s’y accumule du fait de la fréquentation (toujours triste de voir un amas de bouteilles plastiques en un lieu pareil…).

Le retour vers Ulaan Bataar se fait calmement, notre chauffeur étant relativement prudent au regard des critères locaux. Je le soupçonne de vouloir préserver son beau SUV hybride. Après le parc national, le contraste avec la ville en perpétuelle construction est rude. Nous ne nous attardons pas très tard, le temps de manger et de faire un détour par la place Genghis Khan. Demain il nous faudra rejoindre Beijing, une ville d’une autre dimension !

Place Genghis Khan, emblématique de la ville.
  • Pour les treck : possibilité de trouver sur place, qualité sans doute très variable.
  • Esprit Mongolie : sans doute pas les moins chers mais sérieux et professionnalisme au rendez-vous, ils nous ont beaucoup aidé lors de notre séjour. Nous aurions sans doute pu alléger la note en constituant un plus grand groupe (Facebook peut être pour une fois votre ami)
  • Restaurant : Blanca Luna à Ulaan Bataar, végétarien et bienvenu après un régime à base de mouton !

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