Ping Yao, les confins calmes ( mais pluvieux)

Après quelques heures de train à rester scotchés à la vitre chaque fois que de majestueuses montagnes baignées dans la brume s’invitaient entre deux tunnels, nous voici arrivés à Pingyao, petite ville ( pour la Chine) et ancienne capitale impériale, appelée alors « Chang’an », ou « confins calmes ». C’était alors la plus grande cité du monde! ( Comme quoi peut être que Guimgamp en vrai c’est le chef lieu d’un empire oublié. Si si.)

Après en avoir vu quelques évocations sur des blogs, nous avions décidé d’y séjourner pour deux jours. Et avec raison! Même si seul le centre ville préservé ( et quelques bâtiments à proximité) est intéressant pour la visite. C’est un carré parfait de 1.5km de long.( les habitants y voyaient une tortue, avec la tête au Nord et la queue au Sud. Mais on dirait surtout un carré quand même. )

Sa spécificité étant que la vieille ville (Ancient Pingyao City) a très peu évolué au cours des derniers siècles, avec ses bâtiments en bois typiques des dynasties Ming et Qing, dont le plus vieux remonte à 1346! Tout est principalement piéton, et très logiquement classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Arrivés sous une pluie battante, nous sommes aussitôt abordé par un homme qui se dit taxi et nous propose de nous mener en ville. Nous hésitons mais comme le policier présent l’aide à se faire comprendre nous cédons. Au final il nous mène à bon port jusque dans la vieille ville mais nous apprendrons qu’il est possible d’en avoir pour moins cher avec un taxi officiel (bon ça reste 6 euros…)

Les rues les plus actives sont South Street, West Street et Yanmen street; on y trouve de nombreux restaurants (un peu plus chers dans les murailles), et une allée complète de street food qui s’illumine la nuit, encore en travaux mais qui promet d’être sympathique, bien intégrée dans la périphérie, on y a mangé de délicieuses soupes de nouilles aux légumes! Et bien sûr, quantité de boutiques où l’on retrouve la plupart des souvenirs habituels( vous avez dit Made in China ?) mais également quelques échoppes de créateurs très jolies et abordables quand on s’éloigne un peu.

Même sous la pluie les rues ne perdent rien de leur charme, au contraire.

Car c’est un peu ça la visite de Pingyao, se balader sans but, se perdre dans les ruelles, admirer les façades, les lampions qui illuminent les rues lorsque la nuit tombe, et projettent des ombres féeriques sur les gravures des vieux porches. Vous pouvez difficilement vous tromper, il y a toujours quelque chose à voir! En bref, surtout dans des villes qui peuvent souvent être assez moches il faut le dire, celle ci est un véritable coup de coeur.

La nuit tombée façades anciennes et féerie électrique se mélangent.
Même le KFC essaie de passer inaperçu.

À l’époque, la ville fut une importante place financière, qui voit l’apparition et le développement des premières banques chinoises. En effet, au XVème siècle, l’ingénieux Lei Lütai réalise qu’il est plus simple de faire transporter sa fortune sous forme de lettres de créance que de lingots ( et on le comprend, nous aussi on a galéré avec ce souci…), et lance donc la tendance. Des centres d’entraînement pour gardes qui accompagnaient les convois s’y sont associés, et l’on peut tout visiter ainsi que des musées sur les banques et les armes. La ville contenait quand même une trentaine de banques, soit la moitié des établissements nationaux! Elles feront faillite un peu avant la première guerre mondiale, n’ayant pas suivi la modernisation du marché.

Donc si l’errance vous inquiète, pas de panique! La ville a prévu un système de tickets pour visiter une vingtaine de points d’intérêt de la ville, comme des banques, des temples, maisons… certains ont même des spectacles plusieurs fois par jour, comme l’opéra ou la maison du gouvernement ( assez grande, ne pas manquer la grande tour qui donne une jolie vue!), les horaires étant notés à l’entrée des bâtiments.

Comment ne pas succomber au charme !

Le ticket est à 125 yuans plein tarif, 65 yuans étudiant (bingo!). Les visites sont intéressantes, mais vous pouvez parfaitement vous en passer si vous le souhaitez, le centre ville pouvant être suffisant en soi. Dans les gros points d’intérêt, mettons le temple de Confucius, le siège du Gouvernement, et le temple Shuanglin Si, aux mille(!) Bouddhas, situé quelques kilomètres à l’extérieur. Le temps catastrophique de la veille avec pluies diluviennes ne nous aura malheureusement pas permi de profiter de tous les accès, mais c’est largement faisable avec une validité de 3 jours.

Temple de Confucius, le plus ancien de Chine (dynastie Tang entre 627 et 649)
Allée des signes du zodiaque chinois dans le temple des dieux de la cité.

On en apprend aussi davantage dans les maisons, même si beaucoup de choses en chinois, avec leurs différentes cours intérieures, une pour les quartiers des domestiques, puis pour les enfants et enfin ceux des parents, bien sûr plus spacieux. ( Déjà qu’ils entretiennent tout le monde, non mais oh.) On peut aussi trouver une salle à l’entrée où le maître de maison gère les affaires personnelles et professionnelles. Chaque quartier est équipé d’un chauffage personnel, avec foyer sous le lit! ( Encore mieux que les sièges chauffants!). Le tout construit selon le principe du Fengshui.

On se croirait revenu à l’époque de la Chine impériale.
Les demeures regorgent de recoins et de cours où se perdre.
Vu dominante sur la maisonnée depuis la partie dédiée au maître.

Par conséquent, si vous passez une ou plusieurs nuits à Pingyao, je vous conseillerais de vous faire plaisir dans cette ville là pour les hôtels! Presque tous sont des anciennes riches demeures avec plusieurs cours, des jardins, très agréable à tarifs plutôt doux! Nous avions réservé une chambre avec terrasse privée en roof top avec vue sur les toits de la ville à la City Wall Old House. Bon avec le mauvais temps on nous a changés de chambre mais l’aperçu était vraiment top! Les lits sont confortables par rapport aux standards chinois, et juste gigantesques, on y a tenu allongés à deux opposés presque sans se toucher! On veut la même chez nous !

La jolie cour de notre hôtel, ça doit être sympa de juste y flâner au soleil!
Un peu à l’étroit non ?

Conclusion: si vous avez l’occasion entre Beijing et Xi’an, n’hésitez pas à y passer, je le redis ce fut vraiment un coup de coeur. ( Et de porte monnaie mais chut!)

  • À voir: Épouses et Concubines, avec Gong Li qui raconte l’arrivée d’une jeune étudiante en tant que dernière femme chez un riche propriétaire. Super triste, mais super culte. On cite régulièrement la demeure Lü à Pingyao comme étant le lieu du tournage, mais en fait pas du tout, c’est une maison dans un village à plusieurs kilomètres !
  • Manger: la seule auberge de jeunesse de la ville propose du free Wi-Fi et de bon plats assez copieux, bien qu’un peu plus chers mais vous êtes intra-muros…( coucou St Malo! ) Comme d’hab, on a pris par erreur des plats d’accompagnement mais on a bien fait parce qu’ils étaient énormes! On a eu peur de voir la taille des principaux…

Les bestioles et le grand dragon de pierre

Pas celui-là…
Celui-ci !

Surnommée en chinois « La longue muraille de dix mille Li », dix mille symbolise l’infini chinois et le Li est l’unité de mesure de la Chine ancienne. Elle mesurerait en réalité beaucoup plus, plus de 21 000 km selon les études les plus récentes en tenant compte des parties actuellement détruites. Contrairement à la légende, elle n’est pas visible depuis la lune ou l’ISS car pas assez large pour que l’oeil nu puisse la distinguer.

Il existe plusieurs sections accessibles depuis Beijing, aussi il nous semblait incontournable de rendre visite à ce vénérable dragon.

Nous avions le choix entre plusieurs tronçons : Badaling, Mutianyu et Jinshanling. Badaling est le plus proche de Beijing mais c’est aussi le Disneyland des remparts (téléphérique, colporteurs et hordes de touristes garantis !), seul avantage, partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite. Mutianyu est moins envahi mais reste très touristique (plusieurs restaurations récentes plus ou moins à la truelle, télécabine et même toboggan !).

Nous avons plutôt choisi de nous rendre à Jishanling à une centaine de kilomètres de Beijing, plus authentique mais aussi plus physique (Bon, pour les moins courageux, l’option télécabine reste disponible…). Départ trop tôt pour le petit-déjeuner de l’hôtel et direction Wangjing West Station pour prendre le bus touristique direct (50 CNY l’aller). Attention le point de départ se situe un peu plus loin que la station elle-même et le bus ne part que si plus de 20 passagers.

Départ prévu à 7h40… 8h00, on attend encore des passagers, pour le coup on aurait eut le temps de prendre des provisions au combini !

Après deux petites heures de trajet (la route est plutôt agréable et en bon état), nous voilà arrivé à l’aire de service de Jishanling. De là, possibilité de prendre la voiturette pour quelques ¥ ou bien de faire une courte randonnée jusqu’au pied des remparts après s’être acquitté du droit d’entrée (55 CNY). Là, une petite surprise nous attendait, une horde d’écoliers s’organisait (oui, c’est un peu contradictoire pour une horde) pour prendre d’assaut les antiques fortifications…

Ils ne sont pas si horribles que ça en réalité. Ça a l’air de les faire beaucoup rire de dire « Hello » au moindre occidental. On s’est tout de même empressé de les laisser derrière.

Nous avons choisi l’option « warrior », pas de télécabine pour nous, on tourne à gauche sitôt sur la muraille et c’est partie pour une petite marche pleine est jusqu’à l’extrémité de cette section.

On a bien fait de choisir cette section, la vue et magnifique.
Et on est loin des nuées de touristes chinois (bon en vrai 200 écoliers nous poursuivent à ce moment là…)
La muraille serpente à perte de vue sur les crêtes…
Les tours de garde qui la jalonnent abritent désormais en guise de cerbère les redoutables mamies-vendeuses-de-souvenirs !
Il vaut mieux être en forme parce que ça grimpe…
… beaucoup…
Pause repas pour les bestioles, on fait pire comme vue !

Finalement nous n’irons pas jusqu’à la fin de la section… -mode warrior off- ça tape un peu dans les genoux tout ces escaliers mais nous ne regrettons en rien notre escapade.(une dizaine de kilomètres) Un peu avant la fin de ce tronçon un chemin permet de redescendre vers l’aire de service et le bus. Nous l’empruntons en quatrième vitesse aidés en cela par d’énormes frelons qui peuplent la région en cette saison (c’est fou comme on oublie la fatigue avec la bonne motivation…).(CR : et les araignéeees 😭)

Dernier coup d’oeil vers les sommets, ils diffusent même une petite musique traditionnelle sur le chemin pour nous mettre dans l’ambiance.

Nous retrouvons notre bus un peu en avance puis retour à notre point de départ à Beijing où nous attend une pluie torrentielle…même les chaussures étanches n’y résisteront pas. Mais bon ça valait vraiment le coup !

Beijing : les demeures impériales

L’ancien palais d’été : rencontre avec l’impératrice Cixi.

Troisième jour à Beijing, sous un soleil éclatant, nous avons choisi de passer la journée au palais d’été (Ne pas confondre avec l’ancien palais d’été). Aujourd’hui situé en périphérie de la ville, il a servi comme son nom l’indique de résidence estivale aux empereurs. Son histoire récente est notamment liée à celle de l’impératrice douairière Cixi et aux conflits avec les nations de l’ouest.

Pour la petite histoire, l’ancien palais d’été fut incendié durant la seconde guerre de l’opium en 1860. En représailles de la torture et de l’assassinat d’une vingtaine de leurs ressortissants, les britanniques y mirent le feu après que leurs alliés français leur aient donné un coup de main en pillant les trésors qui s’y trouvaient. Sur ordre de l’impératrice Cixi et malgré les difficultés financières de la Chine de l’époque, il fut reconstruit sur le site actuel avec l’argent qui aurait dû servir à la modernisation de la flotte. De nouveau endommagé pendant l’épisode des Boxer, il servit ensuite de résidence aux membres du parti avant d’être ouvert au public.

L’étang le plus proche de notre entrée (West gate, la plus éloignée des points d’intérêt)

Le parc est immense et mérite presque qu’on lui accorde une journée pour le visiter. Facilement accessible par le métro de Beijing, plutôt bien conçu. Il faut cependant se méfier car il existe plusieurs portes d’accès très éloignées les unes des autres et les gros points d’intérêt étaient bien sûr à l’opposé de celle que nous avons choisie (Préférer station Beigongmen). Nous étions quitte pour quelques kilomètres sous la chaleur de la ville !

Le long du lac Kunming ces jolis bâtiments apporte une ombre bienvenue même si nombreux sont transformés en boutique (l’esprit pratique des chinois…).

Le complexe s’articule autour de plusieurs étangs dont le principal, le lac de Kunming, est tellement grand qu’un bac permet de passer d’une zone d’intérêt à une autre. Il est également possible de louer pédalos ou petit bateaux électriques pour le parcourir. Pour notre part, nous avons choisi d’en faire le tour n’utilisant que nos vaillants pieds. Le long du chemin des ponts ouvragés permettent de franchir les canaux d’alimentation.


Après avoir flâné puis erré à la recherche d’un snack correct (CR : et pas trop pimenté… échec!) pour manger (pour le coup faites comme les chinois : amenez votre casse-croûte !), nous attaquons les visites. Il existe deux types d’entrées pour le palais d’été : parc seul pour flâner et se détendre et parc plus sites d’intérêt à destination des touristes.

Premier arrêt la galerie des objets. Elle regroupe divers objets (vaisselle, horlogerie et surtout décoratifs) essentiellement de la dynastie des Qin. Même si les oeuvres en elles-mêmes sont magnifiques pour certaines, la plupart des explications sont en chinois.


Puis petit escalade vers le Pavillon des Fragrances bouddhiques. Définition par l’exemple de l’adjectif « hilly », « ça veut dire que ça grimpe non ? » « … oui, oui je confirme ! ». Nous nous efforçons ensuite de localiser « Suzhou street ». L’histoire dit que l’empereur était tombé en admiration devant cette rue commerçante lors d’un de ses déplacements et avait demandé à ce qu’elle soit reproduite au sein de son palais d’été. La version actuelle est une reconstitution, l’originale ayant brûlé, mais elle ne manque pas de charme. Paisibles canaux bordés de quais de pierre sur lesquels s’alignent saules, petits échoppes et lampions, baignant dans la lumière rasante du soir, le charme opère !

L’imposant pavillon des fragrances…
…duquel on a une superbe vue sur l’ensemble du parc


La rue Suzhou, les boutiques sont toujours là mais elles vendent maintenant des babioles pour touristes.

L’heure avançant, nous ne parviendrons pas à rejoindre à temps le jardin de l’impératrice (dernière admission 17h, raté à 5 minutes près…). Mauvaise organisation de notre part, on aurait dû moins traîner et surtout choisir la porte … comme point d’entrée. Tant pis, nous nous consolons avec le navire de marbre (lui aussi a mis à mal les finances impériales) avant de laisser derrière nous le palais d’été.

Le bateau de marbre semble flotter sur le lac.

La cité interdite et les intrigues à la cours

Pour assurer le coup et s’éviter les files d’attente nous avons demandé à notre hôtel de réserver pour nous (Du coup adieu tarif étudiant… sinon il faut tenter, ça ne marche pas toujours mais bon). Il faut un numéro de téléphone chinois pour pouvoir réserver et le nombre de visiteurs par jour est limité.

Direction la place Tien An Men (ligne 1). Une fois sur place il nous faut faire la queue pour franchir les portiques de sécurité qui en barrent l’accès. Rayon X et fouille des sacs au rendez-vous… l’écureuil en peluche dans le mien fait bien rire l’agent de sécurité, l’atmosphère se détend…

De la plus grande place du monde nous ne voyons pas grand-chose, pour les 70 ans du parti, elle est partiellement masquée par les estrades. (autant de chance que la place rouge !)

On a hésité mais c’est bien l’entrée.

Nous arrivons à la cité interdite en elle-même, ici « passport is ticket », nous avons fourni notre numéro de passeport et celui-ci sert à franchir les portes (Les chinois utilisent leur carte d’identité). Nous n’avons pas pris de guide mais serons accompagnés d’H2G2, notre fidèle (et parfois défaillant) plan-audioguide. Si l’on oublie les longs silences, le basculement spontané vers la langue de Pouchkine et la remise à zéro intempestive, le bidule est plutôt bien fait, il détecte l’endroit où nous nous trouvons et nous en raconte la fonction et l’histoire, le tout mâtiné d’anecdotes sur la vie plus ou moins (plutôt plus…) cruelles de la cour impériale (Encore cette chère Cixi dans ses oeuvres…).

Pour vous donner une idée de la cours, plutôt intime non ?
Sympa le gardien…
Mur des neuf dragons (le plus grand et le mieux conservé de Chine) 270 tuiles, donc divisible par 5 et 9 les chiffres symbolisant la suprématie de l’empereur (le plus grand des chiffres impaires et celui du milieu).
On dit que la tuile centrale de ce dragon a été brisée lors de sa cuisson. Pour éviter la mort assurée aux ouvriers, un charpentier a réalisé une tuile en bois en secret pendant la nuit sauvant ses comparses (je vous ai dit que l’empereur savait s’amuser ?). La réparation correspond à cette tuile plus sombre.
Cabinet d’étude de l’empereur.
Cet énorme bloc de jade à été difficilement acheminé à Beijing jusqu’à ce que l’empereur décide qu’il préférait qu’il soit sculpté ailleurs avant de revenir… (ça a mis quelques mois de plus du coup…)

Nous terminons la journée par un détour par l’avenue Qianmen piétonne (à ne pas confondre avec son homonyme grande artère automobile qui lui est perpendiculaire). Rue commerçante et touristique où officie l’un des derniers tramways de la ville (qui sert surtout au faignants désireux de s’épargner quelques centaines de mètres de marche). On y trouve les grands classiques pour touristes à des prix pas forcément très intéressants et sans franchement pouvoir négocier. Dans les rues adjacentes on trouve également pas mal de restaurants que n’auront pas l’occasion de tester, préférant nous rabattre vers ce qui sera notre QG du soir à Beijing : Xian Lao Man !

L’entrée de l’avenue Qianmen

  • Où manger: Xiao Lao Man! Cantine chinoise, station Guloudajie, ambiance peu calme mais nourriture très bonne, paaas chère et TRÈS copieuse ( On s’est fait avoir le premier soir, on a à peine pu commencer le bol de nouilles commandé avec tout le reste à manger!)
  • A voir: encore un drama! L’histoire du palais Yanxi, sous le règne de l’empereur Qianlong( encore lui, on trouve ses constructions et sa poésie sur presque tous les sites de Beijing), l’histoire d’une brodeuse rentrant dans la Cité Interdite pour résoudre et venger le meurtre de sa soeur aînée. 70 épisodes, mais on ne s’ennuie jamais, une héroïne forte, des personnages retors et une mise en scène belle comme un tableau, partiellement censuré en Chine devant son trop grand succès sur le Netflix local et une représentation de la cour de l’époque jugée pas assez flatteuse!

Mèd ine Chaïna

Arrivée à Beijing:

Et après un superbe vol sur Air China avec une collation plus qu’étrange ( nos collègues mongoles n’ont pas non plus osé manger ce qui était autre que le pain), que le panda a vaillamment testé à ses risques et périls( notamment la boulette au boeuf 0% boeuf, mythique), nous voilà débarqués en Chine!

Tout de suite, le ton est annoncé, caméras, nombreux vigiles et prises d’empreintes digitales. La même qu’il a fallu aller enregistrer à Paris… D’ailleurs, grâce à cela, nous étions censés pouvoir sauter cette étape une fois en Chine. Mais la douanière nous fais signe que « laissez tomber les consignes on s’en fout, faites le comme tout le monde » En bref, le decorum est bien, pour le reste on repassera ! Ceci dit la douane reste très impressionnante entre la taille du complexe, les nombreux appareils de surveillance dont la température corporelle et les annonces en boucle dans différentes langues.

Pour sortir de l’aéroport, l’aeroexpress est le plus simple, environ 3 euros, qui vous emmène directement sur la ligne circulaire du métro, station Dongzhimen. Beaucoup de choses en anglais, aucun problème de repérage!

Une fois sortis, c’est une autre histoire, notre hôtel se trouve dans les hutongs, quartiers anciens de Beijing. Notre application, maps.me, est utile car hors ligne, mais à l’instar de Google map complètement paumée pour les adresses ! Si vous le pouvez utilisez Amap tout en chinois mais bien pratique car précis et donne les bus et métro à prendre (merci à l’expat britannique pour son conseil !)

Nous arrivons au JiHouse hotel, avec une ravissante cour intérieure, de jolies chambres et… DES CHATOOONS!!! Tout partout. Bonus x1000 pour le Tripadvisor des écureuils, papouilles quotidiennes garanties.

Hiiiiiiii!
Saurez vous retrouver le truc trop mignon qui dort comme un bienheureux?
Entrée de l’hôtel, avec un petit bassin à poissons

En parlant du site, pour notre premier soir, un peu perdus, nous finissons par chercher sur Tripadvisor un restaurant, qui se trouve être un des mieux notés de Pékin en bon marché, et à proximité. C’est donc parti!

Nous nous retrouvons assis dans un petit restaurant rempli presque uniquement occidentaux, où nous aurons pour 205 yuan pour quelques raviolis (bofs) et une boisson, autant dire une arnaque énorme au vu des tarifs pratiqués ailleurs. La plupart des restaurants que nous testerons ne sont même pas référencés dessus! Oubliez donc les apps traditionnelles, on revient aux fondamentaux, à savoir, du monde dans le resto = Bon signe!

Temple des lamas:

Après cette petite soirée, c’est parti pour notre première journée à Beijing! Petit déjeuner chinois de rigueur à l’hôtel, baozi( petites brioches à la vapeur ici fourrées à la viande), omelette frite, porridge de riz et thé, ( sans oublier les délicieux pickles ❤ ), autrement dit peu habituel chez les français!

Démarrons donc par le temple des lamas, où paissent de multiples herbivores au long cou de toutes les couleurs… Oui bon pas trop en fait, ici on parle de prêtres bouddhistes! ( Mais c’est très joli aussi vous allez voir. Le temple pas les prêtres. Enfin peut être aussi? Enfin bref!)

Bienvenus à la porte des lamas !

Le bâtiment est très facile d’accès, n’hésitez pas à demander le tarif étudiant! Plein de sites en ont un, parfois réservé aux gens étudiant en Chine, mais on me glisse dans l’oreillette que certaines universités font des cartes un peu à la demande… si vous y parvenez, ça vaut complètement le coup! Pour parvenir au temple donc, c’est la ligne circulaire centrale, arrêt lama temple, facile! ( Encore une fois tout est globalement noté en anglais, à Beijing comme dans beaucoup de grosses villes)

Le temple est très fréquenté, aussi bien par les fidèles que par les touristes! Bâti en 1690, il est initialement une résidence pour le prince héritier, puis transformé en lamasserie après que la famille se soit installée dans la Cité Interdite à la mort de l’empereur. Il consiste en plusieurs cours, où vous pouvez, si vous le souhaitez récupérer 3 bâtons d’encens pour vous agenouiller devant l’hôtel puis prier et les planter dans un large chaudron. Autant dire que ça fume pas mal, les dévotions sont d’ailleurs interdites par temps venteux, l’inconvénient des bâtiments en bois.

Encens à volonté (notamment pour la réussite), comme vous voyez ça fume pas mal.

Ceux ci sont impressionnants, avec un pont massif en hauteur entre deux bâtiments, dont l’un abrite l’une des attractions principales: une énorme statue de Bouddha en bois de santal blanc (sandalwood), qui serait taillée d’une seule pièce (je n’arrive toujours pas à réaliser la taille de l’arbre), et mesurant 18 mètres de haut, visible, avec 8 mètres enfoncés dans le sol. ( Ça serait dommage que ça tombe!)

Le bâtiment est imposant et laisse rêveur, on se croirait dans une fiction.

Les photos sont interdites à l’intérieur. Cette statue est un cadeau du septième dalaï lama à l’empereur Quianlong, pour récompenser la piété et le rayonnement du monastère, elle a mit 3 ans à être acheminée jusqu’à la capitale! ( Ils ont dû prendre chronopost)

L’article de Chine-culture décrit très bien la visite du temple et des différentes salles.

Hutongs, tours du Tambour et de la cloche:

Les hutongs sont les anciennes maisons chinoises restées telles qu’elles; on y trouve beaucoup d’hôtels, avec des cours privées, ayant appartenu à de riches habitants. On trouve plein de quartiers différents, mais tous sont habités. Et c’est un vrai labyrinthe de petites rues! Il y a toutefois très peu de risques en journée, à part quelques pickpockets et les précautions d’usage, Beijing est une ville relativement sûre. On trouve sur notre chemin de quoi ravir tous les amateurs forcenés ( Oui il y en a, oui je pense à toi mon très cher père 😜) de photos de jolies portes.

Porte typique des Hutong (en bon état).

Les tour du Tambour et de la Cloche sont situées un peu au Nord de la Cité Interdite. Construites l’une en face de l’autre, elles s’observent depuis des centaines d’années! Construites par Khubilaï Khan en 1272, elles ont continué d’ indiquer l’heure jusqu’en 1925, malgré avoir subi deux incendies!

Les deux tours face à face !

Il y a une démonstration de tambour toutes les heures ( des répliques quand même) régulièrement, la dernière pour nous à 16h30.

A l’origine il y avait 24 tambours et joueurs, le son pouvait être perçu à des kilomètres et annonçait par exemple la fin de la journée de travail.

Les tours en elles mêmes se visitent assez vite, mais offrent une belle vue sur la ville!( environ 80 hautes marches pour y arriver, mais ça nous entraîne pour la muraille! 🙂 pis le mont Hua c’est 4000, alors en avant!)

Vue sur les Hutong depuis la tour de la cloche.

La tour de la cloche abrite elle même « La mère des cloches « , la plus grosse du monde antique, jusqu’à 25 cm d’épaisseur. On pouvait l’entendre à plus de 5km de distance! La légende raconte que la construction de la cloche étant un échec, l’empereur menaça de décapiter toute l’équipe sous 7 jours (il est comme ça l’empereur, tout en retenue). La fille du fondeur visita le chantier, et y passa plusieurs jours à étudier. Arrivée à la date fatidique, elle détourna l’attention de son père avant de se jeter dans le métal en fusion. On ne retint d’elle qu’une chaussure, et ainsi la cloche pu être finalisée avec l’addition du sang d’une jeune fille. On pourrait aussi entendre ses pleurs à chaque fois que la cloche tinte. ( Merci pour la dépression Père Castor)

Le quartier est très sympathique, en soirée on y trouve de nombreux groupes de danse et plein d’enfants à jouer! Attention cependant, les tours ferment assez tôt, vers 17 heures, et la vente de billets vers 16 heures selon la saison.

Rue Houhai

Enfin, juste à côté de trouve la rue Houhai, où nous terminerons notre journée dans la détente le long d’une promenade au bord du canal. Le site regorge de vieilles maisons reconverties en bars échoppes de souvenirs, on peut aussi y faire du bateau! C’est assez touristique, mais mixé et l’ambiance y est vraiment agréable! ( Et les prix inférieurs à ceux pratiqués sur Wangfujin ou Qianmen street). Leurs papeteries sont apocalyptiques, impossible de ne pas vouloir acheter quelque chose, ils ont même des autocollants AK-47 en relief, de tout on vous dit!

Balade en pédalo, bateau électrique et course d’aviron sont au rendez-vous.
Bâtiments typiques du vieux Beijing, street-food et babioles.
La nuit le canal s’illumine au son des nombreux bar à musique live qui le bordent.

Une super première journée à Beijing donc, mais encore plein de choses nous attendent! (À commencer par le Summer palace!)

  • À voir: Story of Minglan : drama chinois retraçant la vie d’une 6 eme fille de concubine d’une famille de fonctionnaires, une magnifique mise en scène, des personnages attachants et un éclairage intéressant sur les contradictions de la société chinoise de la dynastie Song, que demande le peuple!
  • Miam: Testez les délicieuses brochettes de fruits, à la façon pomme d’amour mais sans la pomme farineuse :-p

Un tour en Mongolie (yes you Khan!)

Et non, je ne me repends jamais de mes jeux de mots.

3 millions de personnes, 60 millions de bétail, et la moitié de ces habitants vivent à Ulanbaatar, ville la plus polluée du monde en hiver du fait de son chauffage au charbon et de ses -30 degrés. ( Ça donne envie non?)

Pourtant, pour ces quelques jours, nous nous sommes (un poil) éloignés de la capitale, au part national Terelj.

Notre guide mongole francophone nous récupère à la gare le matin vers 6 heures 30, de nouveau décalqués( ça doit être notre destin), mais la douane mongole ne nous a laissés tranquilles qu’après minuit! Ils passent directement dans le train, mais ne sont pas très pointilleux avec les touristes, et plutôt aimables! Nous avons de nouveau longé lors de cette portion de transsibérien le lac Baikal, à faire absolument de jour! Cette fois ci, le wagon est bondé de touristes, mais nous sommes avec de très « friendly » irlandais et anglaise!

À l’arrivée, nous faisons aussi la rencontre de Tuul, la gérante d’Esprit Mongolie avec qui nous partons. Rien à redire, ils sont adorables et professionnels!

Nous logerons durant notre séjour dans une famille de nomades ayant une exploitation laitière, et dormons en yourte. Elle est plutôt confortable et la température est bonne en fin d’été, mais on remercie quand même le gros duvet vers 4 heures du matin!

Notre maison pour quelques jours, pas d’eau courante, électricité sur batterie, dépaysement assuré !
Attention à ne pas passer entre les deux poteaux, qui peuvent ouvrir sur le monde des esprits!

Pas de sanitaires, les toilettes sont un trou et 4 planches, attention au téléphone quand on y va! (cf notre guide malchanceuse)

Le site est magnifique, on y visite un temple de méditation, de construction assez récente (XXème siècle) le rocher de la tortue, qui abrite une cave et s’appelait auparavant le rocher d’argent. En effet, une reine Mandchoue y aurait enterré un trésor et ses propres bijoux, et refusa de quitter l’endroit, pour les protéger du pillage. Pas de bijoux pour nous, mais on peut laisser un billet dans la grotte pour attirer la fortune. ( Satisfait ou remboursé!…ou pas)

Le long des marches s’alignent les citations du bouddhisme, toutes plus énigmatiques les unes que les autres.
Moulin à prières avec sous le toit des numéros se rapportant aux paroles du Bouddha à destination du fidèle.
Le rocher de la tortue (plutôt ressemblant) et en son cœur l’autel de la richesse !

Quelques jours d’équitation sont également au programme, grande aventure pour nous qui n’avons pas monté d’équidé depuis moult années! ( le camp de cheval à 8 ans ça compte pas !)

Le guide de cheval est très compréhensif, et nous sortons également avec ses enfants, cavaliers depuis leurs 3 ans, qui participent aux courses de chevaux du Nadaam, un festival très important( et touristique) en juillet. Ils ont même plusieurs chevaux champions! Du level donc.

L’une de nos montures, un vénérable papy de 13 ans, plus habitué des balades de touristes que des compétitions, ses points forts : mange beaucoup et avance peu.

On célèbre aussi ce jour exceptionnellement férié la victoire des russes et des mongoles sur l’invasion japonaise il y a 80 ans. Petit détail de l’histoire qui, selon certains spécialistes, aurait quand même joué l’issue en notre faveur de la seconde guerre mondiale! Le Japon ayant refusé d’attaquer la Russie par la suite( on les comprend), et les troupes devenues vétérantes de la Sibérie auraient joué un rôle majeur.

Le lendemain, ils retournent au village pour l’école; ils y partent à cheval, et ceux ci rentrent seuls au domicile, pratique!

Lors de notre escapade, on passe devant un énorme rocher, appelé le rocher des 100 moines; en effet, lui aussi abriterait une cave qui permit aux bonzes d’échapper aux assassinats en série de la purge soviétique, qui a également rasé de nombreux temples; les mongoles ont gardé un souvenir marquant de la période communiste, en gardant plutôt de bonnes relations avec les russes.

Chevaucher seul, cela peut être un peu impressionnant au début, avec des chevaux semi sauvages, mais ils sont petits et les nôtres sont de bonne composition. On les fait avancer au cris de « tchou! » La version mongole de hue!

Et lorsque qu’enfin, on laisse le cheval s’élancer au galop dans la steppe, on laisse toutes ses peurs derrière soi ( et aussi l’intégrité de son derrière c’est vrai \o/ ), et on laisse l’immensité s’emparer de soi, et diriger notre route partout où l’on souhaite. Ce fut une très bonne expérience ! ( Pour l’écureuil du moins, le panda étant courageux mais pas téméraire. )

Pour le galop intrépide, on repassera…

Les mongoles qui nous accueillent sont également très hospitaliers, malgré les difficultés de communication!

Des fois, c’est un peu la galère.

Ils sont aussi très généreux avec la nourriture, et surveillent qu’on a bien pris nos trois assiettes réglementaires, remplies à ras bord bien sûr! Ici, à la campagne, les produits laitiers et la viande restent les premiers produits de consommation. C’est donc mouton tous les jours, deux fois par jour! C’est donc assez compliqué d’être végétarien, nous finirons d’ailleurs dans un resto vegan plein d’occidentaux le dernier soir! Pas de frigo non plus, la viande faisande et le beurre est refait tous les jours ! (Petit conseil de panda, n’oubliez pas comme moi le fil dentaire, vos gencives vous remercieront…)

Le poêle à bois, pièce maîtresse de la cuisine.
Barbecue mongol : des patates, du chou, de la viande de mouton, un peu d’eau et l’élément indispensable : des pierres du torrent chauffées au cœur du poêle.

Ils font également un intermédiaire entre le beurre et la crème, à base de lait cuit, ainsi que du fromage à base de lait caillé séché au soleil pendant 5-7 jours. Il y a des variétés salées, acides, sucrées… C’est un peu le bonbon local!

Ce gros bloc de fromage n’attend plus que son séchage au soleil après découpe au fil.

Cependant, du fait de sa proximité relative avec Ulaan Bataar, le parc Terelj semble la proie de promoteurs avec des terrains vendus au pied levé par le gouvernement; la plaine juste à côté du campement est d’ailleurs vendue pendant notre séjour, pour y construire un complexe touristique avec yourtes en béton. Étendues sauvages de plus en plus en sursis, chose étrange pour un parc national.

Malheureusement ces immenses steppes sont menacées par les promoteurs et les déchets s’y accumule du fait de la fréquentation (toujours triste de voir un amas de bouteilles plastiques en un lieu pareil…).

Le retour vers Ulaan Bataar se fait calmement, notre chauffeur étant relativement prudent au regard des critères locaux. Je le soupçonne de vouloir préserver son beau SUV hybride. Après le parc national, le contraste avec la ville en perpétuelle construction est rude. Nous ne nous attardons pas très tard, le temps de manger et de faire un détour par la place Genghis Khan. Demain il nous faudra rejoindre Beijing, une ville d’une autre dimension !

Place Genghis Khan, emblématique de la ville.
  • Pour les treck : possibilité de trouver sur place, qualité sans doute très variable.
  • Esprit Mongolie : sans doute pas les moins chers mais sérieux et professionnalisme au rendez-vous, ils nous ont beaucoup aidé lors de notre séjour. Nous aurions sans doute pu alléger la note en constituant un plus grand groupe (Facebook peut être pour une fois votre ami)
  • Restaurant : Blanca Luna à Ulaan Bataar, végétarien et bienvenu après un régime à base de mouton !

Lac Baïkal – Excursion à Zama

Troisième jours sur Olkhon, nous avons réservé auprès de notre pension une excursion à la journée avec un guide anglophone (A priori disponible auprès de plusieurs autres hôtels). 3000 RUB par personne (40 euros, un peu cher mais ça les vaut largement).

Petit déjeuner expédié (départ prévu tôt) nous retrouvons notre guide et Pierre et Dorine les sympathiques franco-russes de notre périple en mini-bus.

Embarquement à même la plage et c’est parti pour 2h30 de traversée de ce que l’on appelle la petite mer (la partie occidentale du lac par rapport à l’île d’Olkhon). Vu l’immensité, je n’imagine même pas la grande mer, bientôt les côtes de l’île se perdent dans la brume, hormis l’absence de véritables vagues, on se croirait en pleine mer.

Le capitaine nous a assuré, pas de danger il est conçu pour la mer et il y a assez de gilets de sauvetage pour tout le monde !

Notre guide nous explique les grands faits marquants du lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce liquide au monde. Plus de 300 cours d’eau, rivières et torrents s’y déversent, la seule rivière Angara s’en échappe pour aller se jeter dans l’océan arctique. Situé à environ 450 mètres d’altitude, le lac s’étend sur plus de 600 kilomètres avec une largeur variant de 24 à 79 kilomètres. Avec une profondeur maximale de 1600 mètres, il contient une quantité d’eau tellement importante que les chiffres ne signifient plus rien. Selon notre guide, si on fermait tout ses affluents, il faudrait 40 ans à toute l’humanité pour le vider entièrement au rythme de sa consommation actuelle…

Bien qu’on vante la pureté de ses eaux (surtout à cause de leur exceptionnelle transparence), le lac a souffert des activités humaines, pollution des usines et surpêche. Des mesures récentes ont été mise en place mais les populations relativement pauvres de l’île d’Olkhon en sont les premières victimes, forcées de se tourner vers le tourisme pour gagner leur vie.

Après son petit exposé, le guide nous laisse profiter de la traversée et du vent de plus en plus froid qui balaie le pont, les moins courageux regagnent la cabine tandis que nous finissons blottis sous de nombreuses couches de vêtements et d’opportunes couvertures.

Enfin nous arrivons à Zama, la rive est quasiment déserte hormis une petite cahute de berger ou pêcheur. Nous attaquons une heure et demie de marche vers les ruines d’un mur érigé par les premières peuplades du lac et dont la fonction exacte n’est pas connue à ce jour.

La rive déserte où nous accostons.
Le Baïkal dans toute son immensité.
Steppes et vestiges inconnus, possible lieu de cérémonies chamaniques.

Puis retour vers le bateau qui nous attend dans une anse du lac. Sur le chemin, petite surprise, il nous faut traverser un cours d’eau calme mais d’un peu moins d’un mètre de fond. Mauvaise nouvelle pour la moitié d’entre nous qui ont oublié (où n’ont pas été prévenus…) leur maillot de bain. Une fois de l’autre côté, baignade dans le Baïkal (pas si froid!) dont la baignade porte bonheur!

Au bout du chemin la baignade nous attend !
A un pas du bonheur ! Courage l’eau est plus chaude qu’en Bretagne !

Retour sur le bateau, soupe de poissons et thé russe(CR: et gâteaux aux épiiiices) pour se réchauffer avant de retourner à terre pour la partie physique de la randonnée, 300 mètres de dénivelé assez raide jusqu’au sommet d’une petite montagne qui borde le lac. Certains abandonnent d’emblée, d’autres en cours de route, nous tenons bon et sommes récompensés par une vue époustouflante ! Au sommet ce trouve une croix érigée par des chrétiens orthodoxes, pour la petite histoire, les bouriates ont placé l’un de leur totems une vingtaine de mètres plus haut quelques années plus tard !

Plus qu’une centaine de mètres de dénivelé, dire que nous venons du rivage…
On frime un peu mais on y est arrivé !

L’un de nos compagnons russe nous prend en photos sur ce sommet après nous avoir demandé de prendre plusieurs photos de lui toujours au bord du précipice !

Descentes plus rapide en évitant les chutes puis nous traversons une ancienne forêt (les arbres à croissance très lente y ont plus de 300 ans). Au détour de la forêt nous débouchons sur une plaine marécageuse où paissent chevaux, vaches et paisibles yaks. Sous la lumière du soir, le paysage est splendide et nous fait oublier notre fatigue.

Bienvenue sur la terre du milieu !

Chevaux du Rohan !
Et marais des morts…

Au bout de la plaine, le bateau nous attend pour la traversée du retour et l’incontournable thé et ses petits gâteaux ! Nous regagnons l’île alors que le soleil se couche sur le lac et accostons, fatigué mais des images plein la tête !

Le Baïkal c’est déjà fini et avec lui la Russie, До свидания. Demain nous prenons le train vers Oulan-Bator.

Lac Baïkal, île d’Olkhon

Après 56 heures de transsibérien tout de même, nous voilà en gare d’Olkhon à 6 heures du matin. Nous sommes assaillis de propositions de taxis, mais nous ce qu’on veut c’est le tramway 4A qui doit nous amener jusqu’à la station de bus.

Après une heure et demie d’attente et aucun tramway à l’horizon, malgré les horaires affichés, nous sommes sérieusement en retard… Tout le monde semble le connaître mais personne ne le voit! Bref… taxi du coup. Une antique casserole avec un pare brise fendu tenant (littéralement) avec des bouts de scotch. Pas de ceinture en état de marche, mais nous arrivons à bon port!

Nous montons dans un vieux van coréen avec un gentil couple Franco-Russe, et c’est parti! Musique pop locale à fond de train, moumoute et rideaux à pompons de rigueur. Si possible en multipliant par deux la limite de vitesse!

A 110 km/h dans la taïga, à chauffeur russe rien d’impossible !

Cependant les paysages sont magnifiques, on alterne les épaisses forêts de pins avec la steppe pelée, où paissent de paisibles vaches.( avec freinage brutal à la clé quand l’une d’elle se prend à aller au milieu de la route !)

Si l’on oublie donc le risque mortel à chaque tournant (et à chaque ligne droite), c’est un trajet très sympathique ! (Durée approximative entre 5h et 7h selon la motivation du chauffeur et la densité de passage des vaches).

Puis, au bout de quelques heures, on aperçoit enfin des nappes d’un bleu profond, jetées entre deux collines arides. Le lac Baïkal nous tend les bras, et c’est sublime. À bord du bac, on a du mal à se rappeler que nous ne sommes pas près de l’océan mais en plein milieu de la Russie. Les oiseaux de mer dansent dans notre sillage.

Dernière ligne droite, le bac avant la piste de terre battue.

Le village de Khuzir pourrait aisément tourner dans un western! Tout est désert, et les maisons de toutes les couleurs donnent un petit côté Norvégien également!

Rue principale de Khuzir, prêt pour le règlement de compte à midi !
Les vraies maîtresses des rues !

Nous logeons au Nikita guest house, l’une des plus connues de l’île, et il est effectivement difficile de la rater! C’est un charmant fouillis de différentes maisons construites par le maître des lieux!( ancien champion de tennis de table parlant 4 langues!)

Il est aussi facile de venir avec du matériel de camping et de parcourir l’île.

La pension Nikita, un petit village à elle seule.

On peut y trouver également de nombreuses excursion, du cheval… pour toutes les bourses.( nous prendrons le tour en bateau, article suivant!)

Beaucoup de magnifiques randonnées, des plages tranquilles avec une température agréable en cette saison. Se baigner dans le lac rapporterait 10 ans de bonheur, on ne va pas se faire prier!

Sur la colline se dressent plusieurs totems, qui serviraient de balise pour que les esprits de passage y accrochent leurs chevaux le temps d’une pause. Ainsi, on en profite pour laisser des vœux! Pour ce faire, on y accroche des rubans de différentes couleurs, vert pour la nature, jaune pour l’argent, blanc pour la purification et le repos de l’esprit… Actuellement on y retrouve beaucoup plus de couleurs, car nos amis chinois trouvant ça joli, ils y attachent un peu de tout! (On retrouve aussi ce genre de coutume dans le bouddhisme)

Au Nord de l’île se trouve aussi un goulag pratiquement détruit, une ancienne pêcherie. Les soviétiques ont également rasé la forêt qui protégeait les sites chamaniques.

Nombreux souhaits ont été exprimés ici !
Un des nombreux esprits-animaux représentés.
Le rocher des chamans vu depuis la plage.
On peut voir que l’eau du Baïkal est l’une des plus claire au monde.
  • Comment venir : minibus depuis la gare routière d’Irkoutsk, billets réservables en ligne (en été en tout cas)
  • Ou dormir : Nikita Homestead : probablement pas le moins cher mais anglophone. Repas du soir abordable à 400 RUB par contre le bistrot français sur le site est plutôt surfait.

Ekaterinburg et la ligne rouge

Capitale officieuse de l’Oural, Ekaterinburg est une petite ville d’un million et demi d’habitants. Curieusement on se rend difficilement compte de l’importance de la ville. Direction le métro et ses étranges billets, des token en métal qui permettent de franchir les portiques.

Notre hôtel (Skäz hostel) est situé sur les rives du canal de L’Isset et offre une magnifique vue sur le quartier des affaires tout en étant pas loin du centre ville (15-20 minutes à pieds sur les rives bien fréquentées du canal).

Il y a pire comme vue.
Le même canal quelques heures plus tard.

Après nous être un peu débarbouillé, nous voilà en quête d’un endroit où manger. Nous longeons le canal vers le centre ville et optons pour un restaurant vietnamien pas trop cher tenu par des vrais vietnamiens. (Dommage qu’on ait pas de personne parlant vietnamien 😁)

Sur le chemin du centre ville.

Le lendemain, courte visite de la ville, notre train partant le soir même. Il existe à Ekaterinburg une ligne rouge tracée à même le sol sur 5,5 km qui permet de découvrir plusieurs points d’intérêt de la ville.

Pause repas dans un excellent restaurant dont le nom peut être traduit par « Moi drug olive… » et nous voilà partis pour 5 km de marche urbaine.

L’hôtel de ville dans le plus pure style soviétique.
Monument à la gloire des Beattles avec en arrière-plan la première centrale électrique de la ville.
Petit hommage à la culture geek..

Fin de journée, la pluie nous tombe dessus, en bons bretons nous nous réfugions sous le kiosque le plus proche en compagnie de locaux aussi peu préparés que nous!

La pluie donne une belle atmosphère à la ville avec l’éclaircie qui la suit.
  • Où manger: « moi drug Olive », très bon restaurant, peu cher, avec 30% sur l’addition après 13 heures!
  • À (re)voir: Anastasia bien sûr! Bien qu’il soit prouvé pour de bon que la pauvre princesse est décédée avec sa famille à Ekatarinebourg, ça fait pas de mal de rêver et de chanter tout plein de chansons!
La ptite écrasée de pommes de terre wasabi! Et les pelmenis, chaussons russes fourrés!
Beignets de pommes, sirop à la cannelle et nougat russe, miam!

Transsibérien première étape : direction Ekaterinburg

Avant le départ, brunch chez Grabli, rue Arbat, une chaîne de restaurants type self-service, bien pratique si on ne parle pas bien le russe et pas très cher. (CR: sauf si on veut tout mangeeer! >< mais on a des plats de cuisine russe, ce qui n’est pas si fréquent paradoxalement à Moscou). Nous voilà fin prêts pour 26 heures de trains.

La gare de Kazan à Moscou est grande et nous en faisons tout le tour avant de trouver notre voie qui se trouvait juste à la sortie du métro… A chaque nouveau hall nous avons le droit au détecteur de métaux et au portique à rayon X pour les sacs, pas pratique quand on est chargé mais ici on ne plaisante pas avec la sécurité autour des gares.(CR: en tout cas, ils font au moins semblant!)

Un petit tour de gare plus tard…

Le Provodnik vérifie nos billets et nous indique nos place dans un anglais approximatif. Nous prenons place dans notre compartiment déjà occupé par deux russes dont l’un passera le voyage à dormir. Dans le transsibérien les russes s’empressent de se mettre à l’aise, jogging, T-shirt voire pyjama, on est comme à la maison ici. Les chaussons sont d’ailleurs de mise, hors de question de se balader pieds nus ou en chaussures !

Notre compartiment de deuxième classe.

Le voyage en train est le meilleur moyen de se rendre compte de l’immensité de la Russie. Les paysages défilent paisiblement alternant entre forêts de pins et de bouleaux et immenses plaines. Les rares villes sont parfois l’occasion d’un arrêt pour se dégourdir les pattes et éventuellement acheter quelques denrées. (Poisson séché et sacs de pommes au rendez vous! Ce qui est proposé est à coup sûr moins cher et meilleur que le restaurant du train!)

Au petit matin, la brume s’accroche aux cimes et rend le paysage féerique.

Les arrêts sont l’occasion d’acheter des denrées fraîches.

Notre compagnons dormeur nous quitte à la nuit tombée, curieusement au moment de son départ il échange quelques mots avec nous et nous souhaite bon voyage.

Le lendemain, après un lever tardif nous attaquons un semblant de petit déjeuner. Notre voisin nous remet d’autorité de très bon œufs de son domicile et des tranches de pain, bon ça sera brunch improvisé du coup avec et saucisson, pas de quoi se plaindre !

Nous avions fait les courses dans un supermarché russe pour améliorer l’ordinaire, et attention aux dates, presque tous les produits étaient périmés, parfois de plusieurs mois! Passe pour les yums yums, mais plus aléatoires pour les choses comme le pain ^^

La journée s’écoule paisiblement entre musique et lecture et nous arrivons en fin d’après-midi à Ekaterinburg. Notre (très) sympathique (mais peu causant) voisin aide l’écureuil descendre le lourd sac à dos et nous le quittons sur le quai de la gare.

Moscou jour 2

Début de journée un peu tardif après une tentative de rattraper du sommeil.(CR: en vrai on a pas fait que dormir!) Direction la cathédrale du Christ sauveur à 15 minutes à pieds de notre hôtel.

Détruite en 1932 sous Staline et remplacée par une piscine ouverte (il savait s’amuser en fait…). Elle a été reconstruite en 1992 et consacrée en 2000, plus ou moins à l’identique. Là aussi, pas de photos autorisées à l’intérieur.

La fameuse piscine… euh cathédrale !

Prochain arrêt le métro ! Eh oui, contrairement à notre bon vieux métro parisien, celui de Moscou vaut le détour. D’ailleurs des groupes de touristes (chinois…) se massent dans les stations d’intérêt. Un petit arrêt dans le centre et c’est parti pour un petit tour sur la circulaire (où quand l’écureuil s’oriente grâce au roman Metro 2033…).

Пло́щадь Револю́ции (Place de la révolution) et ses 76 sculptures de bronze symbolisant le peuple russe bâtisseur du monde nouveau révolutionnaire.
Le garde frontière et son chien. Apparemment lui frottez le nez porte bonheur (celui du chien…) (CR: et accessoirement, seuls les touristes le font ^^)

Komsomolskaya sur la ligne Koltsevaïa (Circulaire) dont les mosaïques illustrent le discours de Staline évoquant les héros de l’histoire militaire russe (prononcé en 1941).
Prospekt Mira modeste station en marbre de l’Oural.
Novoslobodskaïa et son hall de vitraux.
On a trouvé le ministère de la magie russe ! (Station Kyevskaya)

Après ce bref périple métropolitain direction la surface et le Parc central de culture et de détente plus connu sous le nom de Gorky Parc, le même qu’évoque la très belle chanson Wind of Change d’un célèbre groupe allemand. (CR: merci au gros panda moi j’avais jamais compris les paroles XD)

Quand on vous dit que c’est profond…
Le panda et l’écureuil sur les rives de la Moskva. En arrière plan une petite statut (98m) à la gloire de Pierre Le Grand.
Gorky Park.

Avant de rentrer petit détour par la place rouge toujours occupée par le Spasskaya Tower Fest. On la contourne donc par la rue Nikolskaya et ses guirlandes de lumières avant un dernier passage par le Kremlin et les jardins Alexandre. Demain nous quittons Moscou pour notre première étape du transsibérien.

  • Lecture: Métro 2033, bon roman post apocalyptique où les survivant de l’explosion nucléaire se cachent dans le métro de Moscou, et où les créatures rôdent à la surface… en descendant dans certaines stations iconique, on a quand même un poil de frisson qui passe par là !
  • Nourriture: Pas chère, la chaîne Terelmok propose entre autre des crêpes salées et sucrées, dont le célèbre caviar. C’est aussi une spécialité, mais ici pas de guerre sur l’appellation crêpes/galettes, on dit des blinis!
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